Cinéma : "J'avancerai vers toi avec les yeux d'un sourd"

Laëtitia Carton nous propose une immersion dans le monde des sourds grâce à un film émouvant qui est aussi un plaidoyer pour la langue des signes.

Un hommage à un ami sourd 

Laëtitia Carton a dédié son film à Vincent, un ami sourd, décédé il y a 10 ans avec qui elle devait co-réaliser ce projet. C'est lui qui l'avait initiée à la langue des signes. Vincent était doublement ostracisé car il était homosexuel. Comme beaucoup de sourds, Vincent a subi une éducation oraliste, avec un déni de sa surdité, ce qui a occcasionné chez lui des souffrances. Il a découvert sur le tard la langue des signes, ainsi que la culture sourde, avant de s'épanouir dans ce monde. 

 

Un plaidoyer pour la langue des signes et la culture sourde

Le parti-pris de la réalisatrice est de donner la parole aux Sourds-Signeurs qu'elle juge sous-représentés au cinéma. L'accès à la langue des signes leur permet d'être bien dans leurs  baskets. A contrario, une jeune femme qui a été appareillée confie qu'elle n'a pas eu le choix. Cet appareillage est parfois vu comme une torture. De nombreux sourds n'ont pas eu de modèles étant enfants. La réalisatrice explique se sentir bien dans le monde des sourds. Elle aime leur convivialité. Elle confie aussi être fascinée par la langue des sourds car elle fait appel au geste, au regard et à l'émotion. Elle nous fait découvrir le quotidien des classes bilingues. On partage aussi une marche de personnes sourdes qui se termine à Milan, dont le but était de dénoncer le mépris de la culture et de la langue des signes.  La chanteuse Camille a aussi accepté de faire partie de ce long-métrage. 

 

La critique

Vincent Geoffroy, chroniqueur culturel de Vivre FM : "J'ai aimé ce film car il nous présente des témoignages forts. On a vraiment l'impression de découvrir tout un univers, que ce soit un enfant sourd qui intègre une école bilingue ou un chorégraphe sourd. On sent aussi l'empathie de la réalisatrice. Il y a de nombreux moments forts comme le concours de Miss ou les images de son ami Vincent à la fin du film. Le film est aussi l'occasion de s'interroger sur la différence car la surdité est parfois considérée comme une déficience à réparer. Le film s'attache délibèrément à la langue des signes qui nous est présentée avec émotion mais ne donne pas l'opinion des oralistes. L'humanité qui s'en dégage est sa principale force. Il ne nous montre pas des personnes handicapées mais des êtres qui communiquent autrement."

 

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